Mardi 20 décembre 2005

Ce matin-là, le levée est tôt, 6h debout. On prévoit le petit déjeuner dans la voiture, des macatias (petits pains du pays) avec du jus d’orange, de quoi tenir la route.

 

L’aéroport est à deux heures de route. Tout le monde s’est fait beau, et nous voilà partis. Le temps est lui aussi de la partie et tout le long du trajet on a droit à un paysage magnifique.

C’est un jour férié ici, et la route est donc plus rapide que prévu. A l’aéroport l’avion n’est pas encore là. Chacun trompe l’attente à sa manière. Lou est allée acheté le Quotidien, un des deux journaux locaux. Principalement rempli de faits divers et un grand nombre de petites annonces, c’est assez drôle. Il présente aussi toutes les manifestations locales, indispensable pour les touristes que nous sommes.

Papa se fixe sur la terrasse de l’aéroport avec de nombreuses autres personnes pour prendre des photos de l’atterrissage.

De mon côté, je vais jeter un œil à la papeterie pour découvrir que mon dernier Cosmo est en kiosque, mais pour l’énorme somme de 4 euros (contre à peine 2 en métropole…) et fouiller les cartes postales pour envoyer.

 

L’avion n’annonce enfin, et on se colle tous contre les vitres pour essayer de voir ses proches. Après quelques tentatives je réussi à voir Maman, Papa l’a loupé, mais on la retrouve peu après le contrôle d’identité, elle attend patiemment sa valise. On avait perdu Lou, et la voilà que se joint à nous. Voir Maman là en bas est assez frustrant, on doit attendre que son bagage arrive avant de pouvoir la serrer dans nos bras, et il faut donc être patient.

 

La voici enfin, le teint un peu fripé mais heureuse de nous voir et de constater la chaleur. Elle sera très vite mise au parfum.

On part se balader dans les rues principales de Saint-Denis, et on découvre que tous les magasins sont ouverts.

La fet’kaf est un jour très important ici, car c’est la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848. Cette date a une vrai signification pour beaucoup de gens ici et jusqu’à présent c’était une journée vraiment fériée. Il faut croire que la société de consommation détruit tout sur son passage… Même les syndicats s’en inquiétait ce jour-là dans le journal…

 

Après avoir fait le tour de nombreux boui-boui et bazars en tous genre, on a enfin trouvé la boutique « Pardon ! » des vêtements fait et pensé ici. Allez sur le site Pardon.net et vous verrez le parti pris de cette marque de vêtements : rebel contre la société de consommation et assez pertinent sur l’île. Bon, nous n’avons pas craqué, car il faut noter des prix assez élevés pour des fringues bien coupé, pas si commun ici…

 

On a ensuite rejoint un copain, celui que l’on avait déjà vu dimanche, avec qui on a déjeuné dans un restaurant de poisson, le D.P.C., qui correspond à une certaine façon de pêcher. Selon le serveur assez chiant avec son baratin, ils vont même breveter leur façon de proposer du poisson frais et vont exporter le concept en métropole. « Mais pourquoi, le poisson il n’est pas frais dans les autres restaurant ?? »

Enfin bon, entre carpaccio, tartare et poisson cuit à la vapeur, chacun en a eu pour son appétit et s’est régalé.

La chaleur nous tombait dessus et nous étions comme mort. Mais il fallait rentrer pour pouvoir profiter tranquillement de la fin de journée.

 

Arrivée à la case, les deux colocs de Lou sont là, on fait les présentation, mais la fatigue terrasse Papa, Maman et moi, qui allons donc faire la sieste. Au réveil, on se sent tout moite et l’idée d’une baignade est toute bonne. Nous voilà paré pour aller prendre l’eau.

 

Moi qui ai un peu peur de ne pas voir dans le fond et tout, je me laisse entraîner par mes trois acolytes et nous nageons une bonne demie-heure. L’eau est bonne, c’est un plaisir.

La nuit tombe doucement, et le temps très menaçant s’annonce sur la côte. Il pleut, il nous font donc rentrer, même si grâce à cette eau l’air se rafraîchi.

 

Une douche et nous voilà fin prêts pour aller dîner. A côté de la case, il y a un resto « Les trois brasseurs », bien connu dans le nord de la France pour ses flammekuches et ses bières, il propose une cuisine métropolitaine assez classique. L’endroit est climatisé, et enfin tous les quatre, on en profite pour planifier notre Noël et la fin de mon séjour.

 

Rassasiés, on est repus et les yeux nous tombent. Même si l’ambiance du mardi est Salsa au resto et que cela danse bien, nous rentrons trouver un repos bien mérité.

Friday, 30 December, 2005 at 9:34 Leave a comment

Lundi 19 décembre 2005

Alors ce matin, nous nous sommes levés moyen tôt pour aller admirer le point de vue de la fenêtre des Makes sur le cirque de Mafate.

Bon, le temps était clair, la route libre (début de vacances…), enfin bref, tout bien. Nous manquerions sûrement d’un peu d’eau, mais ce carburant là se trouve facilement.

Malheureusement pour nous, c’est l’autre carburant, celui de la voiture qui nous a manqué !! Nous avons commencé notre montée sans penser à regarder la jauge… et on y a donc pensé trop tard. On a pensé en trouver plus haut, mais on a un peu ri au nez… normal quand même !

Et finalement, en levant la tête, la vue était toute bouchée, et là, cela a sonné le glas de notre expédition matinale…

 

Un peu furax (de mon côté, j’avais pris mon bouquin et j’étais plutôt zen) nous sommes donc redescendus. Papa en a profité pour prendre quelques belles photos. Nous avons fait une halte près d’une jolie église, et puis on essayé l’usine de canne à sucre qui se visite, mais fermée le lundi ! Nous avons donc réservé un petit resto qui fait de superbes salades pas cher, et nous sommes arrêtés à Saint-Louis pour trouver deux trois choses dans des bazars chinois, et en passant dans un petit magasin de fringue, j’ai trouvé un pantalon sympa et on a trouvé une fille de notre bled, là, paumé en Touraine !! Si, si !

Bon j’ai donc un nouveau pantalon que je me tâte à mettre en hiver, mais j’ai envie !

 

Puis petit resto très sympa, climatisé.

Retour à la case pour la séance ménage de Lou avant un passage chez le coiffeur et les finitions de ma chaise, pendant que Papa met en place ses photos à lui.

 

Ce soir on prévoit un festival de musique, et demain matin Maman arrive !!

 

Et demain c’est férié, le 20 décembre est la Fête Caf’, la commémoration de l’abolition de l’esclavage, ici c’est sacré. Je vous tiens au courant…

Friday, 30 December, 2005 at 9:30 Leave a comment

Lundi 19 décembre au soir

Après avoir mis à jour mon journal de bord, on examine la fin de journée. Le temps nous est compté, et la plage va donc passer à l’as pour mon déplaisir. Mais tant pis.

 

On court donc avec Lou faire des courses pour tenir jusqu’à la fin de semaine pendant que Papa nous prévoit un dîner omelette.

 

La nuit est tombée, le frigo plein et nos ventres aussi, nous voilà partis pour Saint-Joseph et les nuits du Piton.

Ici chaque point musique pour quelque occasion que ce soit propose un materiel de très bonne qualité, scène avec cadre pour lumière, régi son… Ils sont équipés !

 

Notre soirée se passe sur un stade qui sonne sur la mer. On entend la musique de très loin. Heureusement, il y a quand même du monde par rapport à notre précédente sortie.

 

Le groupe ne m’emballe pas vraiment et le vent venant de la mer nous rafraîchi sensiblement. Papa est parti prendre quelques prises de vue.

Le groupe s’en va pour laisser la place au suivant. Il presque 10h, la musique est forte et de nombreuses familles avec jeunes enfants sont encore là. C’est une autre culture.

Sur scène tout se dit en créole et je ne comprend vraiment pas grand chose. Tout est également chanté en créole.

J’ai l’impression d’être en vacances à l’étranger. Tant mieux. Mais ici on appelle ça la France. Tout le monde parle de la Métropole pour la France à quelques 1100 kilomètres pour éviter de faire allusion à la colonisation passée. Un journaliste disait hier dans le journal que tout ceci était complètement ridicule. Apparemment, aux Antilles françaises on dit « la France » sans que cela soit un problème. Enfin bon, le débat est vif et cela fait partie de la façon dont les Réunionnais construisent leur identité.

 

Sur le stade, le second groupe, révélation 2005 de Moloya (sorte de musique typiquement d’ici). Il paraîtrait qu’à l’habitude ces révélations sont des valeurs sûres.

Ce soir-là on a vite été ennuyé. Cinq à six jeunes hommes en paréo, torses nus font les cœurs et les percussions locales, pendant que le leader du groupe, habillé de même mais avec une certaine corpulence se secoue dans tous les sens en chantant.

Bon, au-delà de l’apparence risible du groupe, la musique ne nous a pas du tout convaincue sachant que le réglage des basses était horrible pour les oreilles. J’en suis ressortie comme si j’avais passé la soirée entière devant les enceintes au premier rang… je ne sais pas si c’est culturel, mais apparemment pas autant que ça, mais la musique était à un volume vraiment trop fort. On est donc partis, crevés.

Friday, 30 December, 2005 at 9:28 Leave a comment

Samedi 17 décembre 2005

Et bien dormir, ça fait du bien. Et vous savez à quoi sert une bonne fin de semaine ?? A DORMIR !! et se reposer.

Alors même en vacances, on s’est fait plaisir. Aujourd’hui nous n’avions aucun but précis, nous avons fait plein de petites affaires.

 

Levée tard, j’ai quand même mangé ma tartine à la confiture d’ananas et celle à la goyave. Oui, ici ce n’est no fraise, cerise ou abricot, on fait avec les fruits du coin et c’est délicieux !

La chaleur nous tombais dessus, mais là où est l’ordi, il fait presque bon, alors j’ai rattrapé mon retard pour ce journal.

Lou et Papa sont allé faire un tour en ville et régler quelques affaire. Ils sont revenus en début d’après-midi avec deux tabourets de bar pour compléter le mobilier de la case et de quoi remettre à neuf la voiture de Lou. Pendant ce temps j’ai papoté avec les deux colocs de Lou, dont une qui passait juste car en ce moment elle garde une case. Habitude assez régulière ici, faire garder sa case quand on part un semaine ou plus. Il y a toujours des volontaires !!

 

Ce fut ensuite glandouille totale, à fond dans nos bouquins, Papa ayant trouvé enfin le dernier Harry Potter que Lou avait acheté.

Puis le ventre a fait sentir sa condition, et Papa nous a préparé un assortiment de légumes frais, délicieux après la journée double car la veille et car l’avant-veille. Et le riz plus les grain et tout et tout, et bien ça ne pardonne pas pour la ligne.

Ici par contre c’est la règle. Pas la ligne, mais le cari, par exemple, pendant la saison de la coupe de la canne, les ouvriers commençaient très tôt à travailler et sur les coups de 7h, quand Lou partait bosser, c’était leur première pose, et c’était … Cari !! Bon donc vous l’aurez compris, c’est le repas traditionnel et actuel !

 

Nous, après nos légumes frais, on s’est repris quelques mesures d’énergies, j’avais un féroce envie de chocolat et cela m’a mené en cuisine à la réalisation de cookies, recette Tinou, ma cousine. Pendant ce temps, Lou et Papa se sont attelé à la voiture, ménage et réparations en tout genre. Ca leur a pris l’après-midi, et moi, rassasiée de cookies au chocolat bien sûr, je me suis installée avec mon bouquin. Qui a dit que les vacances c’était épuisant !!!??

 

Au Tampon, donc pas très loin, il y avait un festival dit «  de la Liberté » pendant toute la fin de semaine. On y est donc allé hier soir. Immense chapiteau, 4 groupes par soir, c’était sensé être la folie !! et puis, en fait… non. Sur un chapiteau avec chaise sur la moitié, soit environ 1000 chaise, nous n’étions qu’une petite centaines, nous avions pitié pour les groupes sur scène. Cela ne nous a pas empêché que tout le monde dans ma tête s’active et que je parte dans un gros délire donc le seul but était de faire rire ma sœur aux éclats. Et là, je me suis dit que c’était un des choses que je préférais faire, faire le clown avec elle et pour elle.

 

Bon comme c’est sur les hauteur, les nuits sont fraîches et après l’énervement, on a commencé à avoir froid. Pour les groupes présent, il y avait la fameuse Famille Lélé en hommage à Gramoune Lélé (la grand-mère qui a du être célèbre dans l’île si j’ai bien compris), puis un groupe du Cameroun qui a fait une unique « chanson » d’une semie-heure, le plus drôle était de voir des accompagnatrices du groupes se déhancher sur scène tellement elles étaient dedans. Et enfin un groups Sud-Africain qui nous a fait découvrir un grand nombre d’instruments d’afrique. En costumes et tout, c’était très sympa, la femme avait une voix superbe, mais c’était souvent des berceuses et j’ai bien cru que l’on ne ramènerai Lou qu’endormie !

Nous sommes ensuite tranquillement rentré, on a fait un essai d’accrochage de moustiquaire, mais en vain, et après quelques pages de bouquin, au dodo…

Friday, 30 December, 2005 at 9:27 Leave a comment

Vendredi 16 décembre 2005

Ce matin, nous nous sommes donc levés à 5h… le levé en même temps que le soleil a aidé à se mettre d’aplomb.

Le coloc de Lou était là, il a donc fallu faire léger, et à 6h00 nous prenions la route. Papa derrière, j’ai essayé de garder Lou éveillée, car la route devait-être longue…

En partant si tôt le matin on aurait pu croire être les seuls touristes-fous à défier la journée qui s’annonçait. Mais non, ici il n’y a qu’une route qui fait le tour de l’île et les embouteillages sont monnaie courante. Les Réunionnais sont donc calmes et patients et ils prennent leurs dispositions. Et nous sommes en été ici, beaucoup d’usines ou de chantiers ouvrent donc à 6h pour mieux gérer la chaleur. Nous avons également rencontré une auto-école dès le début de notre trajet… oui, je n’ai pas halluciné à cause des premiers rayons de soleil sur l’asphalte !!

 

Bon, notre but du début de journée était le point de vue du Maïdo, « Terre Brûlée » en Malgache. Ce point de vue domine le cirque de Mafate. Avec le point culminant de l’île, le Piton des Neiges, à 3071 m. On a également vu le Grand Bénard ou la Roche écrite, des noms que connaissent les randonneurs du coin. Au fond du cirque on aperçoit quelques cases dont on se demande comment on y accède.

 

Pour accédé à cette superbe vue sans nuages, il faut donc arriver tôt. Et avant, il faut faire plus d’une vingtaine de kilomètres quand on a quitté la côte. Avec la bonne moitié en épingles à cheveux toutes courtes. Ce matin, nous n’avons pas calé, mais on s’est fait quelques peurs ainsi que quelques rencontres. D’abord de nombreux arbustes usité beaucoup le long des grandes voies de circulation comme des petites et qui a de magnifiques couleurs vives et profondes lors de sa pleine floraison. Après vérifications, je vous annonce que c’est un bougainvillier. Cela n’a l’air de rien, mais ce que les couleurs que l’on voit sont belles…

 

Ensuite, on a croisé Meuh, mon amie la vache. Très jolie dans son genre elle était simplement noire et blanche, ni trop maigre ni trop grosse, avec un joli pis, et sauvage !!

La troisième rencontre ou retrouvaille était la crête de coq, cet arbre tout fin et très long avec une petite touffe en haut. Je vous le montrerais en photo, je trouve cet arbre très drôle.

Sur un arrêt de pique-nique (ici le pique-nique dominicale est une institution et de nombreux kiosque avec foyer pour cuire le cari sont installé sur l’île, en générale avec de jolies vues), nous avions vue sur la côte. Malheureusement les nuages commençaient déjà à monter et notre vue était partielle. Nous avons décidé de continuer vers le sommet.

Arrivés là-haut, nous avons posé la voiture pour une mini-randonnée de… 200 m !! Je tiens à préciser car c’est la seconde fois après le volcan que ces accès ont été aménagés pour les personnes handicapées, je trouve ça tellement bien que je le souligne ici.

Après une mini-grimpette, le paysage s’est offert à nos mirettes grandes ouverts. Le soleil était bien là, presque aucun nuage dans le fond du cirque : le bonheur, nous avions réussi notre coup.

Après en avoir mis plein nos yeux, ainsi que nos oreilles de petites retraitées en voyages qui critiquaient leur 5 étoiles…, j’ai embringué Lou dans une petite descente à pieds pour se dégourdir les jambe. Papa devait nous rejoindre avec la voiture. Ceci n’était pas prévu et nous avions omis la crème solaire en sortant de voiture… Mal nous en a pris. Dans l’après-midi, moi particulièrement, car nous avons chopé de beaux coups de soleil. Moi qui râlait contre ces zoreilles (entendre métropolitain) qui grillaient littéralement leur capital solaire en bronzant et jouant l’écrevisse sur la plage… j’étais vexée et gâtée…

 

Lors de notre descente, les nuages continuèrent de monter. Et lors de notre pause « visite d’une distillerie de géranium », on se serait cru un matin de décembre… métropolitain !! Pas autant froid, mais brouillard à couper au couteau et pluie.

Papa s’est bien refait expliquer le principe de distillation, et Lou et moi avons examiné les différents produits de celles-ci vendu dans une petite boutique. J’ai donc pris de l’oriflore de géranium : l’eau qui sort de la distillation quand on récupère l’huile essentielle, car ce serait très efficace contre mes problèmes ORL, affaire à suivre…

 

Lors de la descente, Papa était aux commandes. Et Lou derrière s’est payé un petit roupillon, bon, elle l’avait mérité contre la montée !

Armée de mes guide j’ai proposé une halte chez Crystal (entendez Gérard) pour remplir nos ventres qui criaient famine à à peine midi.

Chez Gérard, le choix était simple, c’était Sauté de poisson aux légumes ou civet de canard, le tout avec du riz et des grains bien sûr. Le tout pour la modique somme de 6 euros. Ici tout le monde vient y chercher son repas de midi et est sûr de ressortir le ventre plein. Et encore c’est moins cher car à emporté. Ce type de plat est de manière très général appelé Cari, et on sert toujours le riz, avec dessus des grains (lentilles, pois du Gap,…) et enfin ce que l’on a cuisiné. Plat typiquement créole, il a trouvé ses dérivés dans la cuisine chinoise comme ce midi ou indienne, deux cultures très fortes ici.

 

Rassasiés, on a repris la route pour le Musée Villèle, une domaine ayant appartenu à une Grande Dame de l’époque colonialiste. Un personnage important car elle avait un grand nombre d’esclaves mais surtout car elle avait su faire tourner son domaine et réussir dans un monde d’hommes.

La Maison, de style indien est meublé d’objets appartenant à la famille ou à l’époque colonialiste et elle seule est commentée. Mais quel commentaire !! Sur le guide, la visite commentée était dite très bonne et je confirme. Le monsieur qui nous a guidé avait la gestuel d’un Jamel Debouze à l’accent créole. Il utilisait lui ses deux mains de manières saccadée, mais nous proposait un discourt plein d’anecdotes et de points d’histoire forts intéressants. Complètement documenté aux archives départementale, cette visite fut donc un plaisir.

Le jardin autour, la cuisine extérieur et l’hôpital aux esclaves, ainsi que l’église familiale donnent un bel aperçu de ce domaine.

 

La pluie et la grisaille était toujours d’actualité, même en moindre mesure. Notre vue sur la côte n’annonçait pas grand chose de mieux. Après avoir attendu Papa, son appareil et ses photos de fleurs, on a donc repris notre route pour la côte. En effet, tout gris et venteux, le temps ne nous permettait pas de profiter de la plage.

On a donc pris la route du retour, en sachant que nous rencontrerions des embouteillages. Ceux-ci furent animé de vendeurs au milieu des voitures qui proposaient pralines et boissons fraîche. Ici toutes les occasions sont bonnes et surtout celle-là !

 

Papa endormi par la chaleur moite et le ronron des voitures, j’essayais petitement de garde Lou réveillée sur son volant. Enfin nous sommes arrivés.

Nous avons filé à la bibliothèque, euh… la Médiathèque, s’il vous plait, dans un très beau bâtiment, et climatisée ! Youpi !

Nous souhaitions un livre sur la cuisine et les fleurs du coin, histoire de paraître moins bête.

En sortant, la chaleur nous est retombée dessus, direction la plage. Bien qu’à moitié ensoleillé, le temps était toujours venteux et notre baignade fut courte. De retour sur le sable, nous avons sortis nos bouquins jusqu’à la tombée de la nuit.

 

De retour à la case, ce fut tartinage de Biafine pour moi et préparation de rougaille saucisse dans l’air. Le coloc de Lou nous a fait un bon plat du pays que nous avons tous englouti.

Et sans trop tardé, après quelques papotage, mon Lou et moi sommes allées bouquiner au lit. Miam !

Friday, 30 December, 2005 at 9:27 Leave a comment

Jeudi 15 décembre 2005

Comme prévu, nous nous sommes levés tôt. Debout 6h45 pour un départ 7h30, le challenge était gros pour une journée de vacances. Mais dans la fraîcheur du matin, il est vraiment agréable de profiter du soleil levant et d’un petit déj’ dehors.

 

Et en voiture. La route n’était pas trop longue, mais a dès le début monté en serpentin. Après avoir passé Le Tampon sous le soleil par la route des Plaines (la Nationale 3, la troisième et dernière de l’île, sachant que la première fait la moitié du tour de l’île et la deuxième l’autre moitié, la troisième coupe au travers, et c’est tout) nous avons traversé le Dixneuvième, puis le Vingtième (nom de village qui correspond au nombre de kilomètres les séparant de la côte) avant d’arriver à notre but, le point de vue sur Trois Bassin.

Nous tombons à pic sur la Plaine des Cafres et un petit village tout encaissé au fond d’une vallée multiple, Grand-Bassin, avec une très belle cascade appelée « le voile de la marié » (il y a en a deux de ce nom dans l’île).

Sans nuages, les montagnes autour se détachent toutes en relief, chaque découpe et chaque pant de verdure s’offre à nous. Le soleil est matinal mais il chauffe bien vivement. Nous sortons donc la crème solaire. Et partant dans un délire, nous fîmes une interview spectaculaire… Sur la plate forme du point de vue, il y a également une curiosité : l’horloge hydraulique. D’une hauteur de 5 mètres environ, dans une cage de verre, une assemblage de tuyauterie de verre, toute en vase communicantes et avec une système de pompage de liquide, fait que cela indique l’heure. Voir les photos pour comprendre mon charabia.

 

Nous avons ensuite repris la route pour essayer de voir le volcan. Comme de vrai touristes, nous n’avions pas dans l’idée la ballade, mais juste le point de vue.

La route est longue et sinueuse, et la côte bien pentue. Et après une bonne route, la voiture de Lou n’a pas trop aimé. Elle a don décidé de caler en plein milieu d’une montée. Nous avions l’air malin et on a bien ri. Après quelques minutes nous avons pu repartir. Après les dernières montée, il y a eu une descente pour arriver sur la spectaculaire plaine de Sables qui précède le Volcan. Comme une traversée du désert, cette plaine, toute plate se traverse sur un sentier de terre qui soulève beaucoup de poussière. Arrêtez de respirer et fermez les fenêtres si vous suivez une voiture !

 

Tout d’un coup, Lou crie. Pas le genre de la Demoiselle de s’effrayer pour un rien. A quelques centimètres de sa main, un margouilla la regardait tranquillement conduire !! Pas méchant pour un sou, ces petits lézard à la peau rose transparente est uniquement amateur d’insectes. Sa couleur devient plus foncée au soleil. Nous lui avons gentiment demandé de partir et la bête s’est exécuté. Merci !

 

D’énormes cailloux de roche noire nous entourent. Il est formellement interdit de sortir du sentier. Le Volcan est juste là derrière et à  n’importe quel endroit il peut y avoir une crevasse qui vous engloutisse.

Dernière montée et ça y est. Le « col » du cratère est visible. Mais le temps de sortir de la voiture et de s’en approcher et s’en est fait de notre vue. Les nuages nous ont doublé. Quelques secondes encore et les rafales de vent froid nous privent définitivement de la vue que nous sommes venus chercher.

Nous sommes sur les remparts de l’enclos Fouqué. Non, nous ne sommes pas aux alentours d’un château moyenâgeux, mais bien au pieds du piton de la Fournaise. Ici comme partout sur l’île, les remparts sont cette partie de la montagne toute en longueur aux pieds de-laquelle la roche est toute abrupte et propose un autre paysage. En général arrondie, c’est un vrai mur de remparts naturelles. L’enclos n’est pas celui de moutons mais celui des cratères du volcan. C’est une partie plane que la lave a creusé autour de son point de jaillissement. Avec la gravité, la lave a descendu vers la côte, à l’opposé d’où nous sommes. Cela a donc créé des remparts dans la roche. Et il faut ensuite traverser cet enclos pour arriver aux cratères. Je me souviens de la fois, il y 13 ans, quand nous avions fait la randonnée. Ca souffle, ça bouge un peu. Il est strictement interdit d’y descendre. Et c’est exactement l’image que je me faisais d’un cratère de volcan.

Cette fois-ci, les nuages nous ont juste permis de voir l’enclos Fouqué, ce n’est que de la lave sèche. Et là encore, interdiction formelle de sortir du entier marqué, même quand il n’y a pas d’alertes d’irruption. L’année passée encore, un homme n’a pas suivi cette règle et s’est fait engloutir et brûler sous les yeux de sa famille… mais un volcan n’est pas sensé être gentil ! Et comme il est souvent répété ici, la montagne est vraiment superbe mais elle peut être cruelle pour les imprudent. Vous serez prévenus !

 

Un peu glacé par le vent, dans le brouillard nous avons pris le chemin du retour. Plus nous descendions, plus la pluie devenait dru et plus nous mouillons, oui la voiture n’est pas de première étanchéité… Mais c’est plutôt drôle !

Il n’était pas midi, mais notre ventre commençait à gargouiller. Pour essayer de le calmer, nous avons fait une pause à la Maison du Fromage, où nous avons fait l’acquisition d’un crémeux aux herbes, une autre Ail-Gingembre et enfin un frais au Combosa, un agrume dont on a prit le zeste.

Avec le froid et la pluie, nous avions finalement envie de retrouver un peu de chaleur (paradoxale après la maudire tout au long de chaque jour…). Arrivés au Tampon, on voyait le soleil sur la côte. Après réflexion, Lou nous a proposé une attente supplémentaire pour pique-niquer sur la plage noire de l’Etang salé.

 

Cette plage est noire. Je dirais de la roche volcanique concassée ! Les vagues sont ici nombreuses car il n’y a pas de barrière de corail à cet endroit. Quelques casse-cou bravaient les vagues, mais les courants forts à cet endroit (comme partout quand il n’y a pas la barrière de corail) sont dangereux. Et le ciel était gris. Le pique-nique nous a rassasié et c’était le principale. Crise de fou-rire lors de la dégustation du fromage aux herbes… car bien pimenté et sûrement aillé également !

 

Nous dormions sur place. Alors après un passage dans un super marché pour l’acquisition d’une superbe machine à riz et une paire de lunettes de soleil pour Lou, direction la case et la sieste.

Ici les magasins et les boutiques ferment à 18h au plus tard hormis les supermarchés.

Réveillée à 18h30, j’ai un peu fait capoté l’après-midi. On s’est essayé à un concert, mais ça nous aurait mené trop tard alors on a abandonné.

 

Le programme de la soirée étant en plus cari ! Equipés de la gamelle à riz, du curcuma et du live de recettes nous avons finalement dégusté mon premier cari. Verdict, ça manque d’assaisonnement, le prochain sera mieux !

 

Le lendemain, levé prévu à 5h, le lit fut vite rejoint.

Friday, 30 December, 2005 at 9:26 Leave a comment

Dimanche 18 décembre 2005

Levé de grasse-mat et la chaleur qui me tombe donc dessus et m’aplatie. Oui, en fait je suis mieux si je me lève plus tôt. Atroce vérité…

Bon, donc petit déj’ tranquille, Lou bouquinais depuis quelques heures déjà et a continué jusqu’à ce que je la bouge pour m’aider.

J’ai entrepris hier matin de classer et commenter nos photos, ce sera autant de temps gagné à mon retour.

Cela a pris ma matinée jusqu’à ce que nos ventres gargouillent.

 

Avec Papa, nous avons préparé un déjeuné de crudité, toujours frais et bon, et l’on a fini ça avec des cookies… mmm… vous vous souvenez, ceux d’hier !

 

Ensuite, Papa a commencé à s’activer dur car il a eu les outils demandé par le voisin. Pendant ce temps un copain à moi qui est sur l’île et qui a fait des ballades avec Lou est passé nous faire coucou. Mais juste avant, ma sœurette et moi avions des envies de bricolage.

Armées d’une scie et de nos idées on a réalisé un fauteuil en palette. Oui, ici la case est juste au bord d’une cité industrielle, et les palettes c’est donc leur mobilier.

 

Nous avons tranquillement pris le temps de finir avec notre copain arrivé, pendant ce temps Papa s’est attaqué à la pelouse et aux mauvaises herbes. Il les a fait brûler tranquillement, mais malheureusement il l’a fait sur le tuyau qui amène l’eau dans le jardin… un petit pchit délicat nous en a averti alors que Papa, après l’effort se prenait un bain de réconfort…

 

Mais le proprio de la coloc, également voisin et surtout un homme très très cool, a pris cela de manière très sereine et tout fut arrangé. Vous me direz, il n’y a que ceux qui ne font rien à qui rien n’arrive.

 

Le copain dont je vous parlais est également géomètre-topographe comme ma sœur et la discussion s’est donc orientée vers le boulot. Je suis donc allée continuer mes bricolage par un rideau dans la chambre de Lou et j’ai fini par bouquiné.

 

Le copain parti on s’est fait un dîner. Mais avant il y avait eu l’apéro au rhum arrangé bien sûr ! et… les cacahouètes… et ça, moi j’aime, donc je n’avais plus faim et j’ai regardé mes ogres se faire plaisir.

 

Pour finir en beauté cette petite journée où le mal de crâne me poursuivait, et où l’activité maison fut intense mais les visites absentes, on s’est tranquillement installé sur le lit de Lou, tous les trois pour regardé les DVD. Mais quels DVD ??

 

Il y a 14 ans maintenant, nos parents nous ont emmené en vacances pendant 2 mois sur l’île de la Réunion, avec une amie de Maman, originaire d’ici. Papa venait d’acquérir sa première caméra et a donc filmé tant qu’il a pu. Il nous promet depuis ce temps de monter ces images pour en faire un film souvenir. Le voyage cette année a donc remis le projet sur le tapis, et pour travailler tout ça, avec l’avancée des technologies, a donc copier toutes ses cassettes sur DVD, pour les revoir avant de faire le travail. Et ce sont ces DVD que Papa a amené !!

 

Alors Lou avait 8 ans et moi 10, avec mes dents en avant et nos petites voix d’enfants, enfin bon, que du bonheur, des souvenirs et de bons moments. A revoir avec l’œil ici, c’est comme un bon bonbon sur la langue…

Friday, 30 December, 2005 at 9:26 Leave a comment

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